Au Moyen-Âge, on basait les observations sur les aliments à partir d’allégories poétiques qui n’avaient rien à voir avec la qualité nutritive réelle de la nourriture. Les propriétés des aliments étaient classées à l’aide d’oppositions de base telles que le bien et le mal, le ciel et l'enfer, le noble et le roturier, le noir et le blanc…Ces dichotomies constituaient la toile de fond à partir de laquelle les observations étaient faites. Évidemment, les préférences étaient pour ceux qui pouvaient se permettre de les avoir. Quand on sait que la majorité de la population souffrait de malnutrition, la plupart étaient heureux s’ils pouvaient manger une deuxième écuelle de navet! Les gens de la noblesse portaient une attention particulière à ce qu'ils avalaient. Ils étaient convaincus que les meilleurs aliments provenaient du ciel. On raffolait des oiseaux sauvages et des fruits venant des arbres. Plus la provenance de la nourriture était près de Dieu, meilleure elle était. Les viandes provenant d’animaux sauvages étaient aussi considérées plus nobles que les viandes d’élevage. À l’opposé, on méprisait les animaux et les végétaux vivant au ras de la terre, associée au démon et à la féminité. Il n’était pas question de manger des légumes ou de boire de l'eau à moins de vouloir se purger. Des dictons de cette époque sont assez éloquents : « Qui mange porée ou bonne verdure, chasse de son corps mal aventure. » Ou encore « Fèves mangées faict gros songer. » Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les hommes ne s'interdisaient pas l'eau parce qu’elle était imbuvable. Elle était potable à peu près partout en Europe. Ils l'évitaient plutôt parce qu’elle était associée à la terre et au principe féminin. Un noble ne buvait donc que du vin ou de la bière. « Au matin boit le vin blanc, le rouge au soir pour faire sang. » Ou encore « Un p’tit coup de rouge dans une vieille panse c'est comme une nouvelle poutre dans une vieille grange». |
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